Dhyana

Dhyana est un terme sanskrit qui désigne d'abord  la technique par laquelle on maintient de façon prolongée  une attention exclusive sur un seul objet.

 

La première apparition du mot dhyana se trouve dans les  Upanishads. Dhyana est devenue  l'un des anga,  l'une des branches du yoga classique des Yoga Sutra. On  retrouve dhyana dans les traditions hindoues bouddhistes  chinoises coréennes japonaises etc...

 

Pour  pratiquer dhyana l 'attention doit avoir un objet sur lequel se concentrer et elle doit s'y tenir. Ce point de fixation de l'attention, ce support de méditation peut être quasiment n'importe quoi mais il est préférable pour débuter que ce soit un élément simple: un objet, un paysage, un son, un texte, un chant, un mantra, une visualisation, une figure géométrique etc....  C'est la capacité de la conscience à se maintenir en éveil focalisée sur un même objet sans se laisser distraire qui est la première caractéristique de dhyana

 

Dans le yoga classique, avec dhyana comme avec dharana  il y a initialement une effort conscient pour repousser les pensées et les perceptions sans intérêt par rapport à l'objet choisi. La spécificité de dhyana c'est qu'au delà de cet effort,  il s’établit dans la durée  un flux constant de sensations en provenance de l'objet et d'attention en direction de l'objet. Cet état est souvent traduit par "absorption". Le calme intérieur la sérénité font alors leur apparition et s'installent. Respiration, rythme cardiaque et métabolisme se  stabilisent. L' agitation du mental s' arrête. Le cœur  s'ouvre à  l'amour et à la compassion (bhakti). L'esprit devient plus clair plus aigu plus sage ( jnana ). Dans ces conditions la conscience profonde peut naître. Ainsi chez Shri Aurobindo dhyana signifie "flux ininterrompu de conscience sur un objet particulier".

 

Dans les Yoga Sutra dhyana constitue une branche du yoga distincte  de celle des états de contemplation (samadhi). Dhyana   est souvent interprétée comme une étape préparatoire aux samadhi. Les deux termes dhyana et samadhi sont par ailleurs  très souvent interchangés. Par exemple, les traductions Ch'an en chinois, Sŏn en coréen, Thiền en vietnamien et Zen en japonais sont des noms d’écoles de dhyana bouddhistes, dérivées les unes des autres, où dhyana prend ce sens fort de samadhi.

 

Pour certains maîtres de yoga du XXe,  la méditation peut  intervenir à tous les niveaux de la pratique du yoga: selon Iyengar "les asana constituent une véritable méditation". Maehle écrit que la pratique de vinyasa (enchaînements dynamiques de postures) constitue en soi une méditation sur l'impermanence, lorsque le yogi passe de "faire sa pratique" à celui "d'être agis", " d'être mis en mouvement".

 

Dhyana est le plus souvent traduit par méditation qui a pris de nos jours un sens beaucoup plus large allant de la simple relaxation à la réalisation de soi. Patricia Carrington (1987) définit la méditation comme un concept parapluie qui regroupe plusieurs procédures plusieurs  techniques qui ont des visées et des objets différents .

 

En Occident à l'époque moderne la méditation a retrouvé un regain d’intérêt avec la méditation transcendantale et plus récemment la méditation de pleine conscience;

 

 

Notes

 

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Notes sur la " méditation de pleine conscience "

 

La pratique de la méditation  de pleine conscience consiste d'abord  à se poser bien éveillé pleinement présent (on dit "en pleine conscience"pour traduire l'anglais mindfullness qu'il vaudrait peut être mieux traduire par présence totale ou attention complète), conscient de ses perceptions, dans le moment ici et maintenant, sans jugement,  sans  attente particulière.  Cette pleine conscience  aide à créer une distance émotionnelle saine avec les pensées empreintes d’inquiétude. Cette  diminution des sentiments d'inquiétude a été mise en évidence par des études de l'activité des zones du cerveau. " Pendant une méditation de pleine conscience, votre cerveau s’entraîne à contrôler vos réactions. Donc si vous méditez assez souvent, vous pouvez mieux contrôler vos réactions dans votre quotidien, » explique Fadel Zeidan, directeur de recherche en neuroscience  à la Wake Forest School of Medecine.

 

Si le premier objectif de la méditation est de transformer notre expérience du monde, il s'avère également que l'expérience méditative a des effets bénéfiques sur la santé. Connue chez les psychologues et dans certains hôpitaux sous le nom de méditation de pleine conscience (de l'anglais mindfullness qu'il vaudrait mieux traduire par présence totale), elle favorise un état mental qui produit des effets thérapeutiques et préventifs  sur la santé.  

 

La méditation "de pleine conscience" a fait l' objet d' études scientifiques qui attestent de ces bénéfices qu'elle procure dans différentes pathologies. Des expériences  ont montré qu'un sujet exposé à un stimulus visuel invariant se détache des autres perceptions et perd contact avec l'extérieur: au cours de ce processus les vibrations de  son cortex central adoptent  un rythme dit "Alpha".  Il en est de même lorsque l'attention est concentrée sur d'autres supports de méditation comme la répétition d'un mantra, la visualisation d'un yantra,  la respiration rythmée. Matthieu Ricard moine bouddhiste docteur en génétique cellulaire s'est prêté à plusieurs tests scientifiques, qui confirment les modifications de l'activité du cerveau en état de méditation: ces modifications concernent  notamment des aires cérébrales liées à la gestion du stress et à l'attention (sillon frontal supérieur sillon interpariétal, cortex préfrontal  dorsolatéral, cortex visuel).

 

Les  indications médicales de la méditation de pleine conscience  sont la lutte contre le stress,  la prévention des rechutes chez les personnes dépressives, la diminution des symptômes d'anxiété et la réduction des souffrances psychologiques liées au cancer; mais la méditation  serait également intéressante (effets à valider ou à confirmer) dans d'autres pathologies: addictions, diabète, boulimie, maladie coronaire, asthme, hypertension,  troubles bipolaires, bouffées de chaleur, psoriasis, etc. . La méditation favorise un état mental qui stimule aussi le système immunitaire et joue donc un rôle positif dans la prévention des infections notamment respiratoires.  Autant d'arguments qui encouragent la pratique de la méditation à titre individuel dans une démarche de prévention ou de recherche du bien-être.  Si la pratique de la méditation a des effets positifs, il est important de ne pas se focaliser sur la recherche de ces bienfaits, car l'attente de résultats ne ferait que créer des tensions à l'opposé même des principes de disponibilité .

 

Quelques références sur "la méditation"

  • Caroline Klebl discusses Meditation
  • Marc Alain Descamps
  • L' Art de la Méditation Mathieu Ricard :ISBN : 2841113957  © editions Nil  2008 
  • Méditer Jon Kabat-Zinn :ISBN  9782352041054 ©Les Arènes 2010 accompagné d'un CD de 108 leçons de pleine conscience
  • Christophe André  Méditer jour après jour : ISBN 9782913366374 © L'Iconoclaste 2011
  • David Fontana Le livre de la méditation POCKET Mai 1995 collection l'age d'être